Some guys are bigger than others: Erhard Friedberg

Au point de départ du raisonnement se trouve le constat empirique de la marge de liberté des acteurs, de leur capacité à “choisir” leur conduite en fonction de considérations d’opportunité parmi un éventail plus ou moins large de conduites possibles. Certes, les acteurs n’agissent jamais dans un espace non structuré. Leur rationalité et leur capacité de choix sont préstructurées par leur appartenance à des cultures (nationales, professionnelles, organisationnelles). Leur liberté d’action est d’autre part restreinte par les conditions matérielles et sociales qui prévalent dans leur contexte d’action et qui sont étayées par un ensemble de structures et de régulations englobantes.

Mais si tous ces éléments restreignent bien l’éventail des choix des acteurs, ils n’éliminent pas pour autant leur possibilité de choisir. Leur comportement n’est donc jamais réductible à ces structurations englobantes et ne peut par conséquent en être déduit. Il est de fait le fruit d’un “bricolage” personnel qui combine en un agencement original des éléments tirés de ces structurations englobantes et de considérations d’opportunité stratégique résultant des interactions et processus d’échange dans lesquels les acteurs sont engagés localement. Ces “bricolages” ont beau avoir été intégrés à la routine par la répétition et institutionnalisés par des dispositifs matériels et immatériels divers, ils n’en restent pas moins précaires et potentiellement instables.

— Friedberg, E. (1993), Le pouvoir et la règle. Dynamiques de l’action organisée, Paris, Le Seuil, coll. “Points”, p. 25-26.

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4 Responses to Some guys are bigger than others: Erhard Friedberg

  1. jeanfou says:

    Les structures englobantes s’arrêtent où? Parce que si on prend toutes les structures qui englobent l’individu je suis pas convaincu qui reste un grand espace de bricolage…?

    • M.S. says:

      Les structures sont produites par les jeux stratégiques des acteurs et en retour influencent partiellement ces jeux sans les déterminer entièrement. L’espace de bricolage, c’est la possibilité offerte à l’acteur de changer certaines règles du jeu, ou au moins d’agir sur elles, ce qui peut se faire par l’interaction entre les individus.
      Par exemple, les jeux stratégiques d’acteurs conduisent à établir une règle, mettons le suffrage universel direct. En retour, le suffrage universel influence les futurs jeux pour être élu, i.e. plaire à un moins 50% des votants. Mais la règle ne détermine précisément pas le contenu de ces jeux.

      • jeanfou says:

        Oui je comprends bien, c’est la structure structurée et structurante. Ce que je voulais dire c’est que si l’individu est intégré dans une quantité quasi infinie de structures le bricolage n’apparaît que si on ne considère sont action qu’au sein d’une structure, si l’on pouvait avoir l’information sur toutes les structures au sein desquelles il évolue je ne sais pas s’il lui resterait un espace de liberté…

      • M.S. says:

        Je crois que dans la pensée de l’acteur stratégique il y a une dimension macro qui est la structure et mico qui est l’interaction sous forme de jeu. Du coup, il n’y a pas tellement de microstructures mais plutôt des arrangements locaux.

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