Pour en finir avec la métaphysique de l’amour et de la cellule familiale.

arabesqueL’idée qui sous-tend cet article tiré de lemonde.fr du 08/04/09 me plaît assez. Certes, ça reste un comportement adopté par des animaux. Certes, on pourrait mettre sur le compte de l’instinct cette espèce de rationalisation pour assurer la “survie de l’espèce” ; “se donner”, comme c’est si joliment dit, au “plus généreux”, c’est finalement mettre en pratique la perpétuation de l’espèce, la sélection des gènes, ça donne une portée téléologique à la compétition entre les mâles, etc.

Pour autant, on ne peut pas s’empêcher de penser que, si l’être humain – qui ne “descend” pas du singe, mais possède avec lui un “ancêtre commun” – a sans doute, en ces temps reculés pudiquement qualifiés de préhistoire, eu recours à ce genre de comportements.

Le compétition comme réducteur de l’incertitude (“est-ce que ma progéniture survivra ?”) fait écho à la cellule familiale de certains mammifères, qui devient alors mécanisme contractuel de long terme : un seul contrat, que viennent lubrifier la confiance qui a su s’installer entre les parties et les mécanismes de sanction (pour le mâle, non-prolifération de son patrimoine génétique ; pour la femelle, abandon, lorsqu’elle ne participe pas à la chasse ou cueillette, de son statut social de matrice), c’est bien moins coûteux (en recherche d’informations notamment, mais pas uniquement) qu’une multitude de petits arrangements à courte échéance ; n’est-ce pas monsieur O. E. Williamson ?

Partant, le chemin vers la cellule familiale est nourri par deux dimensions pratique et – encore – téléologique : d’une part, si mes enfants sont coûteux pour moi lorsqu’ils sont jeunes et inaptes, une fois grands et robustes, ils me permettront de manger à ma faim ; d’autre part, mais je vais un peu vite en besogne, je le concède, lorsque surviendra un conflit pour reprendre le commandement du clan – du groupe, de la Nation, qu’importe – une règle de procédure de type primogéniture, par exemple, est elle aussi bien moins coûteuse que des querelles de succession (encore qu’elle ne les empêche pas).

C’est pourquoi à l’ “amour”, celui qu’on a inventé de toutes pièces pour vendre des romans aux jeunes filles en fleur du siècle des Lumières, ou à la “raison” qui prévalait – ou prévaut encore – à l’union des êtres, je prefèrerais la symbiose, association mutuellement bénéfique de deux organismes vivants ; mais là encore, la notion est entachée de cette aura guimauve qui me gêne tant dès qu’il s’agit de penser le couple.

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